Avec ce troisième album, FERALIA approfondit sa vision singulière du Black Metal, forgeant une œuvre qui échappe à toute catégorisation facile. "Ultima Requies" ne s'ancre ni dans l'orthodoxie old school, ni dans les tendances polies de la production contemporaine. Au contraire, il se présente comme une offre brute et évocatrice, où des textures abrasives et des atmosphères rituelles convergent en une expérience austère, immersive et profondément spirituelle.
Le son reste ancré dans un sens du sacré, s'inspirant de dimensions arcaniques et occultes liées au monde romain archaïque. Chaque composition se déploie comme un passage, évoquant des rites oubliés, des états liminaux et la tension entre la vie et la mort, la présence et l'absence.
L'artwork de "Ultima Requies" reflète cette vision, représentant une réinterprétation du rituel nécromantique d'Erichto, la sorcière thessalienne décrite dans "De Bello Civili" par Lucain. Figure redoutée même des dieux, Erichto était censée ressusciter les soldats tombés sur le champ de bataille durant l'une des phases les plus tumultueuses de la guerre civile romaine. Cette imagerie incarne le cœur de l'album : une confrontation avec la mort non pas comme une fin, mais comme un seuil vers un savoir interdit.
Suivant le chemin tracé par "Helios Manifesto" et "Under Stige / Over Dianam", FERALIA affine encore son langage, équilibrant intensité brute et profondeur contemplative. Le résultat est un album qui se ressent à la fois comme immédiat et intemporel, ancré dans la physicalité du Black Metal tout en atteignant quelque chose d'intangible et d'éternel.